Charles Alphonse Delalonde, secrétaire de l’Intendance du garde meuble de la couronne.

« Lorsque son altesse royale monseigneur le duc de Berry arriva en France en 1814, il passa par Rouen en se rendant à Paris. Je fus un des premiers jeunes gens de la ville qui s’enrôlèrent pour servir de gardes d’honneur à son altesse royale.

J’entrai peu de tems après dans les gardes du corps de son altesse royale Monsieur. Je suivis le Roi à Gand et ne rentrai qu’avec lui en France.

Nommé sous-lieutenant dans le 5e régiment de la garde royale, à sa formation, j’y servis jusqu’au mois de mars 1822, époque à laquelle je quittai l’état militaire pour me marier.


Admis alors dans l’Intendance du garde-meuble de la couronne, j’y occupe encore la place de secrétaire de l’Intendance.

Armand Henri Boutet d’Egvilly, maître de l’hôtel du Roi.

« Je sers le Roi depuis 1786 en qualité de maître d’hôtel. J’ai succédé alors à mon père. Depuis la Restauration j’ai fait paraître dix ouvrages, presque tous en vers, et tous se rattachant à la cause royale. Le roi et votre altesse royale en ont agréé l’hommage.

Je suis le seul des serviteurs du Roi, dans mon grade et avec mes années de service, qui n’ait obtenu aucune décoration. Trois fois celle de la légion d’honneur me fut promise. À la dernière promotion, il en fut accordé deux pour le service de l’hôtel. Monsieur d’Hertelou et Monsieur le Comte de Rothe obtinrent l’une de celles que j’avais espéré.

Marquis de Fresne, écuyer ordinaire du Roi.

« Le marquis de Fresne […] était de service le 10 août [1792] ; il suivit le Roi à l’assemblée et aux Feuillans et eut l’honneur d’être porté sur la liste des serviteurs fidèles que sa majesté avoit désigné à la commune de Paris pour l’accompagner et le servir dans sa captivité.

Le marquis de Fresne alla prendre les ordres de Manuel qui lui signifia pour toute réponse de quitter la capitale sous 24 heures. Il se réfugia chez le maire de Châtillon près Paris ; il y resta jusqu’à la catastrophe et est rentré ensuite dans ses foyers où il fut aussitôt privé de sa liberté qui ne lui fut rendue qu’après la mort de Robespierre.

Toute sa famille eut le même sort.

Hubert-Antoine Gibé, notaire à Paris du 20 juin 1789 au 12 février 1808.

« Nommé par Sa Majesté Louis 16, son premier notaire ordinaire, j’ai fait seul tous les actes de la liste civile jusqu’au 10 août, et beaucoup d’autres travaux dont m’avoit chargé Monsieur de La Porte intendant général.

Conduit à l’abbaÿe comme notaire du Roi, j’ai échappé, comme par miracle, au massacre, le 2 septembre, après avoir été le malheureux témoin de la mort de monsieur le Comte de Montmorin, de Monsieur Thiérry, et de tant d’autres victimes.

Repris presqu’aussitôt, après avoir été dans trois autres prisons, j’ai été jugé par le tribunal du 17 août ; autant de la terreur, j’étois encore prisonnier. Je n’ai été libre qu’après la mort de Robespierre.

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