L’histoire religieuse française a notamment été marquée par la saint Barthélémy 1572, épisode tragique des guerres de religion qui ensanglantèrent le pays.

Vingt-six ans plus tard, l’édit de tolérance dit « Édit de Nantes » accordait aux protestants des droits cultuels, civils et politiques.

J’ai pu vérifier que ce texte royal n’était pas resté un vœu pieux puisque même dans les registres de Turenne (actuelle Corrèze), au baptême catholique de Marguerite de Chanons le 23 octobre 1606, sont parrain et marraine deux protestants : Jean Dilihou et Marguerite La Coste…

Une belle preuve de paisible cohabitation et de tolérance !

Qu’est ce qui décide un homme ou une femme de choisir pour sa vie un prénom différent de celui de sa naissance ?

Entre prénom de baptême et d’usage il y a parfois un grand écart.

Prénoms identiques des enfants d’une fratrie, besoin de différencier les homonymes dans une même paroisse… nous ne connaîtrons jamais les véritables raisons qui poussent un ancêtre à porter un prénom qui n’est pas celui de sa naissance.

En 1733, c’est clair pour Marguerite : elle s’appelait Angélique à sa naissance.

Pourtant il semblerait que le prénom Angélique soit plus différenciant que celui de Marguerite…

Il n’y a pas si longtemps, moins de deux siècles, pour voyager à l’intérieur de notre pays, il fallait un indispensable passeport…

Ainsi, afin de « circuler librement » d’Avesnières (Mayenne) à La Guerche (Ille-et-Villaine), soit 40 kilomètres seulement en ligne droite, un passeport de l’intérieur était indispensable à Charles Fournier en 1809…

Conscrit de l’an XIII (soit 1804-1805), cet homme était natif du Puy-de-Dôme et avait parcouru une distance bien supérieure pour venir là où il travaillait.

Mais, police oblige, ce passeport, ce visa, était nécessaire pour que ce charpentier de marine puisse atteindre sans encombres sa destination finale…

Le 5 juillet 1736, à Montigné-le-Brillant, Mayenne, « est née et a été baptisée le même jour par moi curé soussigné, Anne Jeanne, fille d’une étrangère dont on n’a pu savoir le nom à cause de son langage inconnu. A été parrain Maître Pierre Fournier, notaire à L’Huisserie, et marraine Anne Joelier, qui ont parlé à la mère dudit enfant et ont déclaré n’avoir pu en savoir ni le nom ni la patrie. »

Qu’a pu devenir cette petite fille à laquelle les registres paroissiaux donnent un acte de baptême, mais dont l’histoire ne retiendra jamais qui elle est ?

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