Blog de Pierre-Valéry Archassal

L’hiver de 1709 bientôt de retour ?

Quel généalogiste ne connaît pas les ravages provoqués par l’hiver 1709, tellement froid que la famine s’est répandue sur tout le territoire français ? Les récits en sont nombreux dans les registres paroissiaux, certains curés racontant que les arbres se cassaient spontanément, leurs branches prises dans la glace jusqu’au cœur, les grains gelaient dans le sol, le vin dans les tonneaux (on le débitait à la hache !), les oreilles des chevaux se brisaient par le gel et même, paraît-il, les corbeaux tombaient en plein vol…

Ce phénomène, appelé Minimum de Maunder en astronomie, ou « petit âge glaciaire » a commencé en 1645 et a duré jusqu’en 1715 en raison de nombreuses tâches solaires qui avaient refroidi le climat sur tout l’hémisphère nord. Son apogée a été l’année 1709 où il fit -30° à Paris.

Bilan de l’hiver 1709 : 1 million de morts en France, soit 3,5 % de la population totale (la même proportion représenterait 2,3 millions de morts sur notre population actuelle…).

Une nouvelle théorie de prédiction des cycles solaires laisse penser qu’un tel phénomène pourrait se reproduire à partir de 2030 (soit dans tout juste 15 ans) et durerait une décennie entière. Toujours selon cette théorie, l’activité solaire baisserait de 60 % et nous conduirait à vivre des froids extrêmes et des neiges épaisses et persistantes.

Pour nous préparer à ce retour de l’âge de glace, relisons les témoignages laissés par nos ancêtres, comme celui-ci, tracé dans le registre paroissial de Colombier-en-Brionnais, dans l’actuel département de Saône-et-Loire…

  1. Dans l'année 1709 le fort de l'hyvert se prit la veille des roys par une
  2. rigoureuse bize, et par une forte gelée qui dura le reste du mois et davantage.
  3. Le froid fut si terrible et si cruel que les noyers, les chataigniers, les
  4. Cerisiers, et quantité dautres arbres moururent ; Mais le plus grand mal,
  5. fut que les froments et les seigles gelerent en terre et se perdirent
  6. entièreme(nt). Ce qui causa une chere année qui na guere eüe de semblable
  7. car la famine fut si grande que lon fut contraint de manger pendant
  8. long temps du pain de fougere et de gland, et que la cinquieme partie du
  9. peuple mourut de faim, surtout les petits enfants.
  10. Enfin l'on ne peut se ressouvenir d'un si triste temps que les cheveux
  11. n'en herissent, surtout quand l'on se remet devant les yeux comme
  12. la faim avait défiguré le visage des pauvres qui etoient hideux et
  13. epouvantables a voir, qui jettoient sans cesse des cris dignes de compassion, et qui
  14. tomboient souvent morts par les chemins.
  15. Dans la parr(oiss)e de collombier qui est de 200 communiantz tout au plus, on y fit
  16. depuis paques jusqu'à la S(ain)t Martin 72 enterrements, les deux tiers de petits
  17. enfans.
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